Bien mal choisi, ce mot d’inactif pour désigner les retraités !
Car s’ils n’exercent plus d’activité professionnelle, ils sont - selon les sondages - débordés ! Et pas seulement par les voyages, les sports, la culture, les études universitaires. Ils animent bénévolement bon nombre d’associations et ils sont surtout très engagés auprès de leurs familles.
S’ils ont toujours été présents pour leurs descendants, enfants et petits-enfants, ils sont de plus en plus présents voire aidants pour leurs ascendants. En effet nombre de retraités, surtout les plus jeunes d’entre eux, sont maintenant à la retraite en même temps que leurs parents pour lesquels ils doivent souvent faire face à des situations de perte d’autonomie.

C’est incontestable, les 16 millions de retraités œuvrent au lien social comme aidants, ce qui représente selon le journal le Monde l’équivalent de 63 milliards d’euros de financements publics, mais également comme bénévoles en contribuant largement à la vitalité du monde associatif ou encore comme élus.

D’où une incompréhension et même un sentiment d’injustice  au regard de la décision prise par le gouvernement d’augmenter de 1,7 points la Contribution Sociale Généralisée (à partir de 1200 euros pour une personne seule et 2042 euros pour un couple). Mise en place à partir de 1991, à l’initiative du gouvernement de Michel Rocard, la CSG avait pour objectif de financer la protection sociale à partir d’un prélèvement obligatoire reposant sur une assiette large mais avec un taux relativement faible (1,1% à l’époque). Depuis, ce taux n’a cessé d’augmenter. Le taux actuel de la CSG sur les retraites est de 6,6 %  et sera de 8,3% au premier janvier 2018. Ce qui se traduira immédiatement par une baisse des retraites puisque la hausse de la CSG ne sera  pas compensée, pour les retraités, par la suppression d’autres cotisations. Elle ne sera pas non plus compensée par la revalorisation des retraites de 0,8 % au 1er octobre 2017. Quant à la suppression de la taxe d’habitation ses effets retardés paraissent pour le moins incertains, en particulier pour les couples dont beaucoup resteront au-delà du seuil d’application.

« Je leur dis qu’ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail » a déclaré le ministre de l’économie. Mais cette argumentation n’est pas recevable, ni par rapport à la solidarité à laquelle les retraités contribuent autant qu’ils en bénéficient, ni par rapport au travail dont la pension de retraite est une juste reconnaissance.
Seule la considération du niveau de vie moyen des retraités - qui est légèrement supérieur à la moyenne des actifs - pourrait en partie justifier cette mesure, mais il s’agit d’une moyenne qui recouvre de fortes disparités. En particulier ceux qui sont en retraite depuis longtemps et qui n’ont pas bénéficié des revalorisations récentes obtenues par les actifs, ont vu leur situation se dégrader fortement par rapport aux actifs.

Ce qui est présenté par certains comme un « petit effort » n’est ni plus ni moins qu’une baisse délibérée du pouvoir d’achat des retraités pour des raisons purement comptables. Et cette mesure est d’autant plus choquante qu’elle concerne pour la plupart des retraités modestes et qu’elle intervient en même temps que des mesures bénéficiant aux plus aisés (suppression de l’ISF, fiscalité des placements boursiers).

Les retraités ne sont ni une charge, ni un poids, ni un problème. Loin d’être des inactifs et encore moins des fainéants, ils contribuent de manière évidente à la vie sociale, civique et économique de la nation. Ils ne demandent aucun privilège, simplement la même considération que celle qu’ils ont manifestée lorsqu’ils étaient actifs en finançant eux-mêmes la retraite de leurs aînés.