Gouffre financier

L’arrêt du déploiement de SIRHEN décidé par le ministre de l’Éducation nationale ne nous attriste pas vraiment… Les dernières vicissitudes qu’ont eu à subir les IEN stagiaires recrutés par concours cette année ne sont qu’un exemple parmi d’autres des dysfonctionnements d’un outil qui n’a jamais été à la hauteur des objectifs annoncés.


N’oublions pas, en effet, que SIRHEN avait pour ambition de gérer l’ensemble du personnel de l’Éducation nationale, c’est-à-dire plus d’un million d’individus, alors qu’il n’a été appliqué qu’aux seuls personnels d’inspection, de direction, administrateurs civils et emplois fonctionnels, soit 18 000 personnes donc un peu moins de 2 % de la cible.

Il était grand temps de prendre en compte les critiques formulées de longue date par de nombreuses organisations syndicales, mais aussi par la Cour des comptes ou par le Sénat. Le coût actuel estimé du dispositif s’élève à quelque 320 millions d’euros… Pour mieux prendre la mesure de ce gouffre financier, disons qu’il permettrait de couvrir pour plus de 200 ans une indemnité REP/REP+ de 3000 € par an pour chaque IEN impliqué dans ces secteurs prioritaires… observation faite sans le moindre esprit polémique, vous vous en doutez !

Si le bon sens reprend le dessus, pourquoi s’arrêter en chemin ? Peut-être faudrait-il mesurer la gabegie financière résultant de l’utilisation de GAIA. Conseillers pédagogiques et inspecteurs consacrent un temps et une énergie considérables pour alimenter cette application, temps et énergie qui seraient sans doute plus utilement exploités dans la construction de parcours de formation. Comment oublier par ailleurs Chrorus DT et son ergonomie plus que discutable ?...

Nous sommes aujourd’hui arrivés à un point paradoxal où les outils numériques ne facilitent plus le travail au quotidien, mais surchargent les personnels qui doivent les utiliser. Dans ce contexte, le coup d’arrêt porté à SIRHEN est un premier pas ; bien d’autres restent à envisager !