Villiers mini

Tous ceux qui exercent des responsabilités d’encadrement, dans le secteur privé comme dans le secteur public, se sont un jour posé cette question existentielle du fondement de leur autorité.

Un Noble personnage, le Vicomte Pierre Le Jolis de Villiers de Saintignon (mais si, c’est son vrai nom), vient même de commettre un ouvrage pour y répondre.

Agé de 62 ans, après 43 ans de vie militaire qui l’ont conduit au sommet de la Grande Muette, il aurait pu se contenter de jouir d’une très confortable pension de retraite, probablement bien méritée… mais il a choisi courageusement de cumuler sa pension avec un salaire sans doute non moins confortable, en allant pantoufler dans le privé où sa notoriété - acquise grâce à la République - lui a permis d’être embauché au sein du Boston Consulting Group, prestigieux cabinet de management, leader mondial du conseil en stratégie d’entreprise.

Et comme cela ne suffisait pas pour redorer son blason, il a également trouvé une troisième source de revenus en publiant des ouvrages destinés à nous faire profiter de sa « riche » expérience…

Ses interviews dans la presse régionale* pour promouvoir son dernier bouquin en donnent une idée assez savoureuse, à consommer sans modération : « Pour exercer l’autorité, il faut être une personne d’équilibre, entre l’autorité et l’humilité, entre la fermeté et l’écoute, entre la cohésion et la nécessité de trancher, entre l’audace et la prudence… La sincérité est la source de la loyauté, l’adhésion doit l’emporter sur la contrainte. »

Ah qu’en termes galants ces choses-là sont dites de la part d’un grand chef militaire ! Nul doute que ce Général, qui affirme qu’il a lui-même toujours appliqué ces principes, ne manquait pas avant chaque « combat » de réunir ses Grognards pour décider avec eux des grands choix stratégiques qui allaient conduire nombre d’entre eux au sacrifice dans la pure tradition chevaleresque où ce sont les Anglais qui tirent les premiers !

 

Au point qu’on se demande même si une telle générosité dans le management des troupes ne pourrait pas apporter une réponse à la crise d’autorité que traverse notre Ecole. Eh bien, justement, notre gentil pioupiou, interrogé à ce sujet, se propose « d’utiliser le laboratoire que sont les armées françaises… comme source d’inspiration » ! Et de citer comme exemple « les valeurs inculquées par l’armée pour rétablir les élèves qui ont perdu les fondamentaux de la vie en société ».

 

Mais parmi les nombreuses maximes de l’ex chef d’état-major, on retiendra assurément ces trois sentences qui selon l’auteur s’adressent à l’ensemble de ceux qui exercent des responsabilités :

- Face à la déshumanisation à laquelle nous assistons, il faut réintroduire le souci de la personne, de celui qu’on a l’honneur de diriger.

- Avant toute décision, il faut voir les conséquences humaines et le bien commun.

- L’avenir se bâtit sur la cohésion… celle-ci s’établit sur la fraternité, l’espérance et le positif.

 

Même si on doit bien reconnaître que le chef le plus circonspect en est parfois réduit à des contingences qui excluent toute relativité, on ne peut que se féliciter de voir cet éminent représentant de l’armée et de la noblesse développer ces idées humanistes que nous défendons sans réserve…

Toutefois il n’est pas certain qu’elles suffisent à lui ouvrir une grande carrière de consultant en management dans l’univers impitoyable de l’économie mondialisée.

 

Andromède – 27/11/2018

* Les citations en italique sont extraites d’une interview parue le 25 novembre 2018 dans Nice-Matin

Villier02b

Joomla Extensions